Top

Les Causes …

2) La crise bulgare et la montée de l’instabilité dans les Balkans

En 1876, une rébellion de grande envergure, supportée par la Serbie, le Monténégro et la Russie, se souleva en Bulgarie. Cette crise se transforma en guerre entre la Russie et la Turquie, entre 1877 et 1878, qui se solda par la défaite de l’empire ottoman. Ce dernier fut contraint à signer le traité de San Stefano, le 3 mars 1878 ; la Bulgarie devint indépendante, la Roumanie et surtout la Serbie reçurent de nombreux territoires, tandis que l’Autriche-Hongrie et la Russie obtinrent le droit de superviser les réformes en Bosnie-Herzégovine (alors territoire de l’empire ottoman). Cependant, la Grande-Bretagne et l’Autriche-Hongrie ont trouvé que cet accord donna trop de pouvoir à la Russie. Ainsi, le chancelier allemand Bismarck, en médiateur, proposa d’organiser un congrès international à Berlin (1878). Le traité qui en découle limita les gains territoriaux de la Russie ; la Serbie, le Monténégro et la Roumanie devinrent indépendants et la Bosnie-Herzégovine fut placée uniquement sous le contrôle administratif de l’Autriche-Hongrie. La Bulgarie est désormais une principauté autonome de l’empire ottoman. Mais, dans le but de préserver une certaine puissance ottomane, la Bulgarie du sud et l’est de la Roumélie restèrent sous le contrôle de l’empire Ottoman, ce qui souleva, in fine, une révolte de la part des nationalistes de l’est de la Roumélie, qui demandèrent le droit de rejoindre le reste de la Bulgarie. La Russie utilisa alors cette révolte comme prétexte pour agrandir ses territoires, ce qui déplu à l’Autriche-Hongrie qui, avec l’aide de Bismarck, réussirent à faire retirer les troupes du tsar Nicolas II de la Bulgarie.
Cette crise bulgare eût trois principales conséquences, à savoir la fin de la Ligue des trois empereurs, l’affaiblissement de l’Allemagne sur le plan de la médiation qui prit parti contre la Russie, ainsi que la fin du traité de contre-assurance (entre l’Allemagne et la Russie). La diplomatie menée par Bismarck connu là son premier véritable échec. Otto von Bismarck fut démis de ses fonctions en 1890. Cet événement est considéré comme clé dans la marche vers la première guerre mondiale.

3) L’impact des politiques impérialistes

De 1880 à 1914, la montée de l’impérialisme en Europe créa des tensions. Les gouvernements britanniques, français, allemand, italien ainsi que le roi des Belges, Léopold II, se partagèrent des territoires africains. En effet, 90% des territoires africains étaient sous influence d’un pays européen. En outre, les pays européens cherchaient également à étendre leur domination en Asie. Pour la majeure partie d’entre-eux, ce « nouvel impérialisme » était une bataille pour la richesse, la grandeur du pays, le pouvoir, voire la survie. En 1884-1885, eut lieu la Conférence de Berlin durant laquelle les pays se mirent d’accord au niveau du partage des territoires africains. Néanmoins, cette course aux territoires engendra de graves tensions diplomatiques comme, par exemple, la crise de Fachoda en 1898 (entre les Britanniques et les Français) ; les rivalités entre le Japon et la Russie, qui se disputaient des territoires asiatiques, déboucha sur la guerre de 1904-1905 qui vit s’imposer, de façon inattendue, le Japon. La politique menée par l’Allemagne pour développer son empire colonial et ainsi rivaliser avec les puissances étrangères, appelée la Weltpolitik, créa également de nombreuses tensions, comme nous le verrons par la suite.

Pages: 1 2 3 4